Chapitre PremierNostalgie

Chapitre PremierNostalgie
Allongée dans mon grand lit, je contemplais avec nostalgie toutes ces photos accrochées sur mon mur, telles une barrière de papier me protégeant de ce qu'il m'attendait au dehors. Ces photographies représentaient, pour la plupart, des personnes auquelles je tenais particulièrement. Ma meilleure amie, Angèle, trônait au-dessus de mon lit, comme si elle veillait toujours sur moi. Pourtant, tous ces gens que j'aimais tant était partis bien loin de moi. Avez-vous déjà vécu une de ces périodes de la vie si difficile, comme celle de la séparation, quand on doit quitter tous ses amis, rencontrés au collège, pour partir au lycée. Souvent, à cet instant, les larmes nous dévisagent et notre coeur est fendu. Tout notre monde se brise, laissant les morceaux de cristal de notre vie d'adolescent se disperser sur le sol, perdus à jamais. C'est actuellement dans cette phase de mon existence que je me trouvais.

Il y a environ deux mois, j'étais assise dans une grande salle, seule contre une multitude de questions, n'ayant pour seule recour que ma mémoire des leçons apprises durant l'année passée. Après être sortie des deux dernières heures épuisantes d'épreuve de mathématiques, Angèle, nos amis et moi nous étions tous retrouvés en ville, où nous avions passé une magnifique après-midi ensoleillée par nos éclats de rire. Puis était venu le temps des "au revoir", des pleurs et de la nostalgie. Nous nous sommes rappellés tous ces bons moments passés ensemble depuis que nous nous connaissions. Depuis quatres ans déjà. Depuis la sixième. Nous avions vécu la plupart des grands moments de notre jeunesse ensemble. Nous nous connaissions mieux les uns que les autres. Nous étions cinq, comme les cinq doigts de la main. Angèle, Mélanie, Maxence, Mickaël et moi, tels les cinq branches d'une étoile. Nous pensions que rien ne pourrait nous séparer. Pourtant, nous avons trouvé plus fort que nous : le destin de la vie. Au dénouement de ces quatres années, nous avons dû nous séparer. Angèle et Maxence sont partis dans un lycée à Aix-En-Provence, tandis que Mélanie avait déménagé à Nice. Quant à Mickaël, il s'envolerait à la rentrée à Toulouse, dans un établissement rénommé. J'étais la seule à rester à Marseille. Le destin avait décidé de nous séparer...

Ce soir, veille de la rentrée scolaire, l'absence de mes meilleurs amis se faisait encore plus pesante. Je m'étais toujours dit que nous serions ensemble pour l'éternité. Seules leurs visages figés sur les murs de ma chambre me tenaient compagnie et me rassuraient. Demain, j'allais refaire une partie de ma vie. Une petite partie de ma vie allait s'écrire à nouveau. Là-bas, au lycée Gustave Eiffel, j'allais rencontré de nouvelles personnes, me refaire une vie sociale. Seulement, mon coeur n'avait pas la tête à ça. Mon coeur souffrait de cette situation. Mon coeur avait soif de soirées inoubliables, entouré de mes meilleurs amis. Mon coeur ne voulait pas tourné la page. Mon coeur ne voulait pas grandir.

C'est la tête envahit des images du passé que je m'endormi cette nuit-là.

# Enviado el martes 24 de junio de 2008 16:27

Modificado el martes 24 de junio de 2008 17:39

Chapitre SecondApparences

Chapitre SecondApparences
Mon réveil a sonné trop tôt à mon goût, ce matin. Il faut dire que je n'ai pas eu une excellente nuit. J'ai passé mon temps à me retourner dans mon lit, à appréhender le rentrée scolaire. Ce qu'il me faisait le plus peur n'était finalement pas le lycée en lui-même mais les élèves. Avec Angèle et compagnie, je me sentais forte. A présent, je suis comme nue, exposée au regard des autres.

Le regard des autres m'effraie. Dans notre société actuelle, l'apparence physique a un rôle très important. Chacun veut se démarquer des autres en s'habillant à la mode, en achetant des sacs griffés ou le dernier jean porté par une rock star connue mondialement. Tout n'est plus qu'une question d'apparence. L'image qui émane de nous est comme notre carte d'identité. Si nous portons des lunettes et sommes habillés sagement, nous sommes des intellos. Au contraire, si nous avons un décolleté et que nous nous maquillons, nous sommes des allumeuses. Or, tout cela est faux. Ce qui compte le plus est ce que nous sommes à l'intérieur. Nous pouvons très bien nous habiller de façon classique et être extravertis. Les temps changent, et la mentalité des gens aussi.

Quand j'ai fait mes premiers pas dans ce que j'appellais maintenant mon lycée, je me suis senti dévisagée. J'avais l'impression que le monde entier me scrutait, de la tête aux pieds. En temps ordinaire, j'aurais ri de cette scène. Mais en temps ordinaire, j'étais avec mes meilleurs amis, et on se battait contre le monde entier. Maintenant que j'étais seule, je me senti si faible que chaque pas me demandait un effort. Je marchai donc jusqu'à la salle qu'on m'avait indiquée. Une dizaine de personnes était déjà installée et discutait entre eux. Ils avaient l'air si heureux de se retrouver après deux mois de séparation. L'espace d'une seconde, je me surpris à rêver d'une rentrée en seconde avec mes quatres amis. Nous aurions été si heureux ensemble.

Je m'assis à une table, seule, à l'écart des autres. A cet instant, je n'avais aucune envie de me mélanger aux autres. Alors que j'envoyais un SMS à Angèle pour lui demander comment se passait sa rentrée, un garçon me demanda s'il pouvait s'assoir à côté de moi. En effet, pendant que j'écrivais mon message, la salle s'était rempli d'une foule de jeunes lycéens, créant un bruit incessant de barvadages. Quand je levai les yeux pour voir qui m'adressait la parole, mes yeux tombèrent sur un visage angélique.

Le jeune homme devait avoir mon âge. Il était plutôt grand et assez musclé. Sa peau avait une merveilleuse couleur bronzée, en harmonie avec le reste de son corps. Son visage était encadré par de jolies mèches de cheveux brunes, qui retombaient sur ses yeux d'une couleur si bleuâtre qu'on aurait cru que la mer des Caraïbes se reflêtait sans cesse dans ses yeux. Son regard renvoyait une douceur que je n'avais jamais remarquée chez un garçon, tel qu'on aurait pu penser que tout l'amour du monde se trouvait dans son regard. Quand mes yeux tombèrent sur ses lèvres, le jeune homme me sourit. Son sourire m'apparut comme la porte du bohneur. Je n'aurait pu le décrire, tellement il était magnifique.

La voix à la fois mélodieuse et rassurante du jeune homme me sortit de ma rêverie.
- Excuse-moi, est-ce que je peux m'assoir à côté de toi, il n'y a plus aucune place libre.
- Oui, dis-je dans un soupir.
- Je m'appelle Léo, me déclara-t-il en s'asseyant près de moi.
A l'instant où Léo s'assit, je sentis son parfum. Il était tout comme lui : envoûtant. Il dégageait une odeur si spéciale qu'on aurait pu la reconnaître entre mille.
- Et toi ? Ai-je le droit de connaître ton prénom ou devrai-je t'appeller "beauté" pendant un an ?, me demanda Léo, en m'empêchant une nouvelle fois de m'échapper dans mes rêves.
- Lenna, répondis-je simplement, ne trouvant rien d'autre de mieux à dire.
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# Enviado el martes 24 de junio de 2008 17:30

Modificado el martes 24 de junio de 2008 18:14

Chapitre TroisièmeConfidences

Chapitre TroisièmeConfidences
Deux jours étaient passés. Les professeurs, comme les élèves, apprenaient à se connaîtrent les uns les autres. Pour ma part, je restais plutôt renfermée. Je passais la plupart de mon temps libre à lire, isolée de tous. J'avais trouvé un endroit calme, écarté du reste du lycée. C'était à environ trois cents mètres de l'établissement, ce qui me permettait d'y allait à tout moment.

C'était une sorte de petit parc que seuls les oiseaux paraissaient connaître. Une porte en fer forgé servait d'entrée et s'ouvrait sur une allée, longée de platanes, qui abritaient eux-même des bancs en bois, n'étant apparament seulement utilisés que par peu de promeneurs, sous une ombre fraîche et reposante. A l'extrémité de ce chemin se dessinait à l'horizon une fontaine. Elle était sculpté dans un marbre de couleur blanche et représentait deux oiseaux roucoulant dans l'eau cascadant sur les bords de la sculpture. Cet endroit était si beau que je m'étonnais chaque fois que j'y allais de ne voir personne si reposant quelques minutes. Ou était-ce parce que je n'y allais que lorsque tout le monde était occupé ? Quoi qu'il en soit, j'adorais ce lieu qui était paradisiaque pour toute personne qui aimait le calme et la nature.

J'avais une heure de libre ce jeudi matin-ci. J'en profitai alors pour aller lire quelques chapitres de mon livre. Alors que je venais de m'installer confortablement sur un banc, j'entendis des feuilles craquer sous le poid de pas. Sous la surprise de voir quelqu'un dans ce parc, je me retournai brutalement, faisant voler mes boucles blondes dans le vent d'automne.
- Je suis désolé de t'avoir fait peur, Lenna. Ce n'était pas mon intention, s'excusa Léo d'une voix douce.
- Ce n'est pas grave..., répondis-je d'une petite voix.
J'étais tellement surprise de voir Léo ici que les mots se dérobaient dans ma bouche. Quand j'eu enfin retrouvé ma voix, après deux minutes de silence pesant, j'osai enfin lui demander :
- Que fais-tu là ?
- Je viens souvent dans ce parc. Mon père m'y emmenait tous les soirs quand j'étais plus jeune, à la mort de la mère. Maintenant, je m'assois sur ce banc, près de la fontaine, et j'écoute la musique, en regardant les oiseaux qui volaient autour de moi. Je pensais être le seul à venir ici.
Je me demandai pourquoi il se confiait comme ça à moi. Après tout, je ne lui avait parlé qu'une seule fois et on ne pouvait pas dire que nous avions eu une conversation très interressante. Cependant, sentant qu'il avait envie de parler à quelqu'un, je me permis de lui demander :
- Ta mère est morte depuis longtemps ?
- Ca va faire dix ans l'année prochaine. Elle a été renversée par un abruti complétement saoul qui sortait de boîte de nuit, répondit-il avec colère, non pas à mon égard, mais à celui de cet homme.

Je me rappellai d'une histoire que l'on m'avait raconté une fois. Elle était très semblable au drame qu'avait vécu Léo. Une femme sortait d'une fête, où elle avait pris garde de ne pas boire d'alcool pour rentrer saine et sauve avec son mari. A trois heures du matin, elle avait donc pris le volant, en toute lucidité. Elle se sentait très bien, aucune goutte d'alcool n'avait pénétré dans son corps. Elle conduisait sur une route de campagne quand une voiture,roulant à une vitesse hallucinante, surgit en face d'elle, tous phares éteints. Le choc avait été d'une violence incroyable. La femme et son mari avaient été tués sur le coup. Quand à l'homme saoul, il s'en était sorti avec une amputation de la jambe droite. Quand j'avais entendu cette histoire, je m'étais fait le serment de ne jamais boire une goutte d'alcool, tellement c'est dangereux pour nous, et pour les autres.

- Je suis sincèrement désolée.
- Tu n'as pas à l'être, tu n'y est pour rien. Ca fait toujours mal que cet abruti soit encore dans la nature et qu'il puisse renverser une autre personne innocente à tout moment, dit-il avec amertume.

Je ne savais pas ce que Léo pouvait ressentir à ce moment. Cependant, nous nous sommes mis à parler, à parler, à parler, jusqu'à ce que notre heure libre se soit complétement écoulée.

# Enviado el martes 24 de junio de 2008 18:47

Modificado el lunes 30 de junio de 2008 15:32